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Intercontrat en ESN : comment réduire l’intercontrat en trouvant des missions rapidement ?

Intercontrat en ESN : comment réduire l’intercontrat en trouvant des missions rapidement ?

Par Clément Lidar

Fondateur de Tekos, j’aide les ESN à transformer la données en leviers commerciaux et à mieux connecter talents et opportunités.

Utiliser l’intercontrat comme levier de développement commercial

L’intercontrat est souvent perçu comme une période transitoire à occuper. Les approches classiques incluent la formation, la veille technologique ou la participation à des projets internes. Toutefois, ces solutions produisent rarement des effets concrets en matière de repositionnement sur le marché.

Dans la pratique, un consultant est rarement staffé en raison d’une formation récente. Rien ne vaut la pratique à la théorie. De plus, les entreprises de services numériques investissent peu dans des formations coûteuses pour des profils déjà en intermission, en l’absence de perspectives de retour immédiat. Les missions internes ou initiatives annexes restent généralement difficiles à valoriser auprès des clients. Elles sont souvent trop rigides dans leur cadre, et surtout insuffisamment alignées avec le périmètre fonctionnel ou technique du consultant.

En conséquence, elles peinent à démontrer une adéquation claire avec les besoins réels des clients potentiels, ce qui limite leur impact dans une démarche de prospection ou de positionnement.

En conséquence, le consultant sort souvent d’intercontrat avec un profil peu différencié. Son CV évolue peu, sa capacité à se positionner reste limitée, et les retours clients demeurent négatifs.

Pourquoi les approches traditionnelles sont-elles inéficaces ?

Les solutions habituellement proposées, comme la formation, la veille, les projets personnels ou le mécénat, présentent une limite commune : elles n’améliorent pas significativement la valeur perçue du profil dans un processus de vente : adaptation du dossier de compétences, pitch commercial, entretien client.

Cette limite s’explique notamment par le fait qu’un consultant ne peut pas être pertinent dans tous les contextes. Chercher à construire un profil trop généraliste revient souvent à réduire sa lisibilité. Un positionnement efficace repose au contraire sur un alignement clair avec des besoins ciblés.

Le placement d’un consultant s’apparente, pour l’entreprise cliente, à un acte de recrutement. Elle attend d’intégrer une ressource capable de comprendre rapidement son métier, de s’adapter à son environnement et de produire de la valeur dans des délais courts.

Dans ce cadre, des acquis essentiellement théoriques ou des expériences insuffisamment contextualisées restent peu différenciants. Le client ne fonde pas sa décision sur une formation récente, mais sur la capacité du consultant à appréhender concrètement ses enjeux opérationnels.

Ainsi, ces approches, bien qu’utiles pour structurer le temps d’intercontrat, occuper le consultant ou, dans certains cas, bénéficier d’avantages fiscaux comme le mécénat de compétences, ne répondent pas à l’objectif principal : renforcer la crédibilité du profil dans une situation de vente.

Repenser l’intercontrat : un outil de préparation au placement

L’intercontrat devient pertinent lorsqu’il est conçu comme une phase active de préparation commerciale.

Le principe consiste à mobiliser le consultant sur un projet de type sparring partner, directement inspiré de problématiques réelles rencontrées chez des clients ou prospects ciblés. Pour être efficace, ce projet doit répondre à trois critères :

  • être crédible,

  • s’inscrire dans un contexte métier identifiable,

  • être exploitable dans une démarche commerciale.

Au-delà de ces principes, ce type de projet poursuit plusieurs objectifs opérationnels :

  • renforcer et structurer le dossier de compétences en lien avec un ou plusieurs prospects appartenant à un même segment,

  • préparer le consultant aux entretiens clients en l’entraînant à expliciter ses choix et sa compréhension des enjeux,

  • instaurer une démarche collaborative entre consultant et commercial afin de favoriser un repositionnement actif plutôt qu’une posture d’attente.

Cette approche implique une collaboration étroite avec les équipes commerciales, en amont et pendant l’intercontrat. Ce travail consiste notamment à :

  • identifier des comptes cibles pertinents,

  • analyser les problématiques rencontrées et les projets historiquement menés,

  • construire et cadrer le projet de sparring partner,

  • formaliser une documentation exploitable,

  • élaborer un discours clair et cohérent permettant au consultant de présenter son travail avec légitimité et assurance.

Ainsi structuré, l’intercontrat devient un levier direct de préparation au placement, aligné avec les attentes du marché et les besoins des clients.

Importance du travail de ciblage en amont

Avant même le début de l’intercontrat, un travail de mapping du positionnement doit être réalisé. Il consiste à identifier les entreprises pour lesquelles le profil du consultant présente une pertinence réelle.

Concrètement, il s’agit d’évaluer dans quelle mesure le consultant peut s’aligner avec une équipe projet cible. Un niveau de correspondance initial compris entre 50 % et 70 % est généralement observé. L’objectif de l’intercontrat est alors de renforcer ce positionnement pour atteindre un niveau de matching situé entre 80 % et 90 %, seuil à partir duquel le profil devient significativement plus attractif.

Cette analyse repose sur plusieurs éléments :

  • les projets en cours au sein des entreprises ciblées,

  • les compétences effectivement recherchées,

  • les besoins opérationnels récurrents.

Prenons un exemple : une fin de mission est anticipée pour un consultant data disposant de trois à cinq ans d’expérience. Dans ce contexte, le travail de mapping permet d’identifier en amont les environnements dans lesquels ce profil pourrait s’intégrer, ainsi que les écarts à combler pour faciliter son repositionnement.

Une fois les comptes cibles identifiés, ainsi que les projets récurrents, historiques ou en cours, l’étape suivante consiste à formaliser une problématique. Il s’agit d’une expression de besoin concrète, directement inspirée des situations observées chez les clients.

Cette problématique sert de point de départ pour construire, avec le consultant, un cas d’usage métier cohérent. Le travail se structure ensuite de manière progressive :

  • définition du cas d’usage et de ses objectifs métier,

  • formalisation des spécifications fonctionnelles,

  • déclinaison en spécifications techniques,

  • mise en œuvre d’une implémentation.

Cette démarche permet de passer d’une analyse de marché à un projet concret, structuré et exploitable, aligné avec les attentes réelles des clients ciblés.

Si l’on reprend cet exemple, cette démarche de sparring partner permet à un consultant data, ne disposant initialement d’aucune expérience dans le secteur du retail, d’acquérir rapidement des repères solides.

En travaillant sur un cas d’usage inspiré de situations réelles, il peut :

  • comprendre les fondamentaux du secteur et ses enjeux spécifiques,

  • se familiariser avec le vocabulaire métier et les concepts clés,

  • appréhender les problématiques concrètes rencontrées par un acteur du retail,

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  • identifier la manière dont les équipes data y répondent, tant sur le plan organisationnel que technique.

  • Cette montée en compétence est ciblée et contextualisée, ce qui la rend directement exploitable dans un cadre de prospection ou d’entretien client.

    Streaming des données produits et Data Contracts

    Le projet Relay, mené au sein du domaine Sport Products de Decathlon, répond à un enjeu central du retail à grande échelle : structurer et diffuser de manière fiable les données produits vers l’ensemble des systèmes opérationnels.

    Ces données concernent notamment la conception, l’offre produit et les informations nécessaires aux différents métiers. Elles alimentent des systèmes variés tels que les ateliers, la logistique, les magasins et les plateformes e-commerce.

    Objectifs du projet

    Le projet vise à mettre en place une plateforme capable de :

    • diffuser les données produits en continu via des mécanismes de streaming,

    • garantir la cohérence et la qualité des données partagées,

    • assurer l’interopérabilité entre des systèmes multiples et distribués,

    • réduire les délais de détection et de correction des incidents liés à la donnée.

    Périmètre fonctionnel

    Le périmètre du projet s’articule autour de plusieurs axes :

    • exposition des données via des APIs unifiées,

    • mise en place de Data Contracts pour encadrer les échanges entre producteurs et consommateurs de données,

    • agrégation de données issues de plusieurs référentiels produits,

    • développement de dispositifs de contrôle de la qualité des données,

    • gestion de la diffusion de données à l’échelle internationale (80 pays).

    Approche technique

    L’architecture repose sur des principes distribués et orientés événements, permettant de traiter des flux de données en continu.

    Les principaux choix techniques incluent :

    • un socle backend moderne basé sur Java (Java 21, Spring Boot, Quarkus),

    • un système de streaming reposant sur Kafka,

    • des bases de données relationnelles et NoSQL (PostgreSQL, MongoDB Atlas),

    • des infrastructures cloud natives (AWS, GCP, Kubernetes),

    • des pipelines CI/CD avec GitHub Actions,

    • des outils de monitoring et d’observabilité (Datadog),

    • des stratégies de tests complètes incluant tests unitaires, d’intégration, de charge et de contrats.

    Enjeux métier

    Ce projet illustre plusieurs problématiques structurantes pour un acteur du retail :

    • fiabilité et fraîcheur des données produits,

    • coordination entre de multiples équipes productrices et consommatrices de données,

    • gestion de la complexité liée à la distribution internationale,

    • capacité à maintenir une qualité de service élevée malgré l’augmentation des flux.

    Profils impliqués

    La mise en œuvre de ce type de projet mobilise différents profils :

    • développeurs backend,

    • ingénieurs spécialisés en data streaming,

    • architectes techniques,

    • experts API,

    • équipes produit métier.

    Finalité dans le cadre du sparring

    Cette problématique constitue un support pertinent pour un projet de sparring partner. Elle permet de travailler simultanément :

    • la compréhension des enjeux métier du retail,

    • la conception d’architectures data modernes,

    • la formalisation de règles de gouvernance via les Data Contracts,

    • la capacité à expliquer et justifier des choix techniques dans un contexte réaliste.

    La formation des consultants par la simulation de cas réels

    L’objectif de cette démarche est de capitaliser sur les ressources internes afin de soutenir le développement du portefeuille client de l’ESN. L’un des leviers principaux repose sur le développement des compétences, non seulement à travers la formation et les certifications, mais surtout par la confrontation à des cas concrets.

    En effet, ce sont les situations inspirées de problématiques réelles qui offrent les apprentissages les plus efficaces. Elles permettent de structurer une montée en compétence ciblée, directement alignée avec les attentes du marché.

    La mise en place de cette approche nécessite toutefois un effort initial plus important. Il s’agit notamment d’identifier les bons comptes cibles, de qualifier les problématiques pertinentes et de structurer les premiers projets de sparring partner.

    Une fois cette base établie, la démarche tend à s’auto-alimenter. Les retours d’expérience, les connaissances accumulées et les idées issues des consultants et des équipes commerciales viennent enrichir progressivement les thématiques et les cas d’usage. Ce mécanisme crée une dynamique cumulative, permettant d’élargir et d’affiner en continu les supports de montée en compétence.

    Cette approche rend ainsi possible une forme d’industrialisation de la formation interne, en préparant les consultants à intervenir sur des segments de clients spécifiques, avec un niveau de crédibilité et de pertinence renforcé.

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